Guide — TJM

Quel tarif facturer pour être rentable en auto-entrepreneur ?

Rédaction : équipe éditoriale Simulateurs Auto-Entrepreneur — publié le 26/06/2026, vérifié le · paramètres réglementaires 2026 (màj 26/06/2026)

Fixer un tarif « au feeling » est le meilleur moyen de travailler beaucoup pour gagner peu. En auto-entreprise, le tarif que vous facturez doit couvrir les cotisations sociales, vos dépenses professionnelles, le temps non facturé (prospection, administratif, congés) et laisser une marge de sécurité. Voici une méthode simple pour calculer un tarif horaire, un tarif au forfait ou un TJM réellement rentable.
L'essentiel
Un tarif rentable ne se limite pas à couvrir vos heures travaillées : il doit aussi financer les cotisations sociales URSSAF, vos dépenses pro, le temps non facturable (environ un tiers à la moitié de votre temps disponible selon les métiers) et une marge de sécurité. Le simulateur de rentabilité et le calculateur de TJM permettent de chiffrer tout cela en quelques minutes.

Pourquoi le prix de revient horaire ne suffit pas

Beaucoup de débutants calculent leur tarif en divisant le revenu net souhaité par le nombre d'heures qu'ils comptent travailler dans l'année. Le problème : cette approche ignore les cotisations sociales, l'impôt, les dépenses professionnelles et surtout le fait qu'une partie du temps disponible n'est jamais facturée au client. Résultat, le tarif affiché paraît confortable sur le papier mais ne l'est plus une fois toutes ces réalités prises en compte.

Intégrer les cotisations sociales

En micro-entreprise, les cotisations sociales sont prélevées en pourcentage du chiffre d'affaires encaissé, selon la nature de l'activité :

ActivitéTaux de cotisations
Vente de marchandises12,3 %
Prestations commerciales ou artisanales (BIC)21,2 %
Activité libérale (BNC hors Cipav)25,6 %
Profession relevant de la Cipav23,2 %

Concrètement, sur chaque euro de chiffre d'affaires facturé, une part significative part directement en cotisations avant même de parler d'impôt ou de dépenses. Le tarif doit donc être pensé en chiffre d'affaires brut, pas en net perçu.

Les dépenses professionnelles

Logiciels, assurance responsabilité civile professionnelle, matériel, déplacements, formation, banque professionnelle : ces dépenses ne sont pas déductibles du chiffre d'affaires en micro-entreprise (l'abattement forfaitaire en tient normalement lieu), mais elles sortent bien de votre trésorerie et réduisent le revenu réellement disponible. Elles doivent donc être budgétées et répercutées dans le tarif, au même titre que les cotisations. Le détail est expliqué dans le guide charges déductibles en auto-entreprise.

Le temps non facturé

Un indépendant ne facture jamais 100 % de son temps de travail. Il faut compter, selon l'activité et l'ancienneté :

  • la prospection et la relation commerciale ;
  • l'administratif (devis, factures, déclarations URSSAF, comptabilité) ;
  • la formation continue et la veille ;
  • les congés, les jours de maladie et les périodes creuses.

Selon les métiers, seules 50 à 70 % des journées disponibles sont réellement facturables. Un tarif calculé uniquement sur les heures « productives » sans tenir compte de ce ratio sera systématiquement sous-évalué.

La marge de sécurité

Il est prudent d'ajouter une marge de sécurité au tarif calculé : imprévus, retards de paiement, matériel à remplacer, baisse ponctuelle d'activité. Une marge de 10 à 20 % au-dessus du tarif « plancher » permet d'absorber ces aléas sans mettre l'activité en danger.

Méthode de calcul du tarif horaire

Une méthode simple en quatre étapes :

  1. Définir le revenu net mensuel souhaité (après cotisations et impôt).
  2. Remonter au chiffre d'affaires nécessaire en tenant compte du taux de cotisations applicable.
  3. Ajouter les dépenses professionnelles à financer.
  4. Diviser le chiffre d'affaires annuel obtenu par le nombre réel de jours ou d'heures facturables (et non le nombre total de jours travaillés).

C'est exactement la logique appliquée par le calculateur de TJM, qui prend en compte les jours facturables, les charges et l'objectif de revenu net pour proposer un taux journalier cohérent.

Tarif au forfait et TJM

Le tarif au forfait

Facturer au forfait (un prix fixe pour une mission ou une livraison) suppose d'estimer le nombre d'heures ou de jours nécessaires, puis d'appliquer le tarif horaire ou journalier calculé, en ajoutant une marge pour les imprévus du projet. C'est souvent perçu comme plus lisible par le client, mais le risque de sous-estimer le temps réel est plus élevé qu'en régie.

Le taux journalier moyen (TJM)

Le TJM est très utilisé par les développeurs, consultants et graphistes qui facturent en régie. Il se calcule en divisant le chiffre d'affaires annuel visé par le nombre de jours réellement facturables dans l'année (généralement entre 130 et 200 jours selon l'activité et la charge commerciale).

Exemples par métier

Les métiers ne sont pas égaux face au temps facturable et au taux de cotisations applicable :

  • Rédacteur ou rédactrice web : activité BNC, souvent facturée au mot ou au forfait ; la prospection régulière est indispensable pour maintenir un flux de commandes.
  • Développeur ou développeuse : activité BNC, généralement facturée en TJM sur des missions de plusieurs semaines ou mois.
  • Graphiste : activité BNC, souvent facturée au forfait projet, avec un temps de révisions clients à anticiper dans le devis.
  • Artisan : activité relevant généralement du régime BIC, avec des dépenses de matériel et de déplacement plus importantes à intégrer au tarif.

Le guide calculer son TJM en freelance détaille la méthode complète, jours facturables inclus.

Combien facturer pour viser 1 500, 2 500 ou 3 000 € net par mois

Voici un ordre de grandeur du chiffre d'affaires mensuel nécessaire selon l'activité, en appliquant le calcul inverse simple CA ≈ net visé / (1 − taux de cotisations). Ce calcul ne tient compte que des cotisations sociales : il ne déduit ni l'impôt sur le revenu, ni les dépenses professionnelles, qui viennent réduire le net réellement disponible.

Net mensuel viséCA mensuel — venteCA mensuel — BICCA mensuel — BNC hors Cipav
1 500 €1 710 €1 904 €2 016 €
2 500 €2 851 €3 173 €3 360 €
3 000 €3 421 €3 807 €4 032 €
Exemple chiffré
Pour viser 2 500 € net par mois en activité BNC hors Cipav, il faut générer environ 3 360 € de chiffre d'affaires mensuel avant impôt et avant dépenses professionnelles. Une fois l'abattement forfaitaire de 34 % appliqué pour estimer l'impôt, le net réellement disponible sera un peu inférieur. Le simulateur permet d'obtenir un calcul complet en tenant compte de l'impôt et des charges.

Pour affiner ce calcul avec votre situation réelle (versement libératoire, parts fiscales, charges annexes, marge attendue), utilisez le simulateur de rentabilité, qui applique la fonction simuler() à votre chiffre d'affaires cible et affiche le revenu net mensuel correspondant.

Utiliser le simulateur correspondant

Passez à la pratique avec un calcul personnalisé.

Simulateur de rentabilité

Questions fréquentes

Comment calculer un tarif horaire rentable en auto-entrepreneur ?
Partez du revenu net mensuel souhaité, remontez au chiffre d'affaires nécessaire en tenant compte du taux de cotisations sociales de votre activité, ajoutez vos dépenses professionnelles, puis divisez le total par le nombre d'heures réellement facturables dans le mois, et non par le nombre total d'heures travaillées.
Quelle part de mon temps est réellement facturable ?
Selon les métiers et l'ancienneté, seules 50 à 70 % des journées disponibles sont facturées à un client, le reste étant consacré à la prospection, à l'administratif, à la formation ou aux congés.
Faut-il calculer son tarif avant ou après impôt ?
Le tarif se calcule sur le chiffre d'affaires brut, avant cotisations sociales et avant impôt. L'impôt sur le revenu ou le versement libératoire viennent ensuite réduire le revenu net réellement disponible, et peuvent être estimés avec le simulateur.
Quelle différence entre tarif horaire, tarif au forfait et TJM ?
Le tarif horaire facture le temps réellement passé, le tarif au forfait fixe un prix global pour une mission estimée à l'avance, et le TJM (taux journalier moyen) est un tarif horaire ramené à la journée, très utilisé pour les missions en régie de plusieurs semaines ou mois.
Combien de chiffre d'affaires pour viser 2 500 euros net par mois ?
L'ordre de grandeur dépend du taux de cotisations de votre activité : il faut environ diviser 2 500 euros par (1 moins le taux de cotisations applicable), sans compter l'impôt ni les dépenses professionnelles, qui réduisent ensuite le net disponible. Le simulateur de rentabilité permet un calcul complet et personnalisé.
Pourquoi ma marge de sécurité doit-elle être intégrée au tarif ?
Les retards de paiement, les périodes creuses ou les imprévus matériels sont fréquents en indépendant. Une marge de 10 à 20 % au-dessus du tarif plancher permet d'absorber ces aléas sans compromettre la rentabilité de l'activité.
Le tarif doit-il être le même pour tous les métiers ?
Non : le taux de cotisations sociales varie selon que l'activité relève de la vente, des prestations BIC ou de l'activité libérale BNC, et le temps facturable diffère aussi fortement selon les métiers, notamment entre missions au forfait et missions en régie.

Sources utiles

Transparence éditoriale

Rédaction : équipe éditoriale Simulateurs Auto-Entrepreneur. Publié le 26/06/2026, dernière vérification le 30/07/2026. Les taux, seuils et plafonds affichés proviennent d'une source unique interne mise à jour à chaque évolution réglementaire (version 2026, màj 26/06/2026) et sont recoupés avec les publications officielles listées ci-dessus.

Méthodologie de calculSources officielles utiliséesLimites des simulations

Informations indicatives, à vérifier selon votre situation. Ce guide ne remplace pas un conseil professionnel (expert-comptable, avocat fiscaliste).